LA GAZETTE · Guides

Laver la laine et le cachemire sans regret

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Une maille fine lavée à plat dans une bassine — gravure

Tout le monde possède le pull. Celui qui est entré dans la machine à sa taille d’adulte et en est sorti à la taille d’une poupée — dense, feutré, sans appel. L’accident a l’air d’une fragilité, mais la laine n’est pas fragile ; elle est particulière. Qu’on comprenne les deux choses qu’elle refuse, et le cachemire se lave comme une chemise.

Pourquoi la laine feutre

Chaque fibre de laine est couverte d’écailles microscopiques, comme une pomme de pin. La chaleur soulève les écailles ; l’agitation accroche les écailles soulevées à leurs voisines ; et une fois accrochées, elles ne lâchent plus. C’est le feutrage — non un dommage, mais un tissage à sens unique. Le pull rétréci est une étoffe qui s’est trop bien embrassée elle-même. L’ennemi, notons-le, est la combinaison : chaud et turbulent à la fois. Qu’on retire l’un des deux, et la laine garde sa composure.

La méthode

Froid, ou presque. 30 °C au plus ; les écailles restent à plat. Doux avant tout. Le programme laine d’une machine moderne — tambour lent, essorage bref — est vraiment sûr ; une bassine et dix minutes de patience le sont davantage. Retourner le vêtement, laisser une perle faire son ouvrage — les essences se prennent admirablement à la kératine, protéine de la même famille que la soie. Ne jamais tordre. Presser l’eau entre deux serviettes, roulées comme une pâte.

La dignité du séchage à plat

La laine mouillée s’étire sous son propre poids ; un cintre change un pull en point d’interrogation. Le sécher à plat sur une serviette, remis en forme à la main, loin du soleil et des radiateurs. Cela prendra un jour, qu’il passera à parfumer la pièce discrètement — le santal va à merveille à la laine, le bois et la toison ayant une parenté rustique. La récompense est une maille qui vieillit comme elle fut tricotée pour vieillir : lentement, doucement, et à sa taille d’origine.